En bref... (Ballard, Nazi Knife, Tanz Procesz, Martinet, western européen)

C'est au tour des éditions Tristram de combler les amateurs de Ballard, en sortant coup sur coup le court roman Sauvagerie, tout à fait excellent (plus connu sous le titre Le massacre de Pangbourne) ainsi que le premier tome du recueil de nouvelles de cet auteur essentiel. L'oeuvre de Ballard est d'une actualité terrifiante et éclaire le quotidien sous un jour intelligible. Lire Ballard, c'est mieux comprendre notre présent. Même si l'expérience peut s'avérer effrayante, elle n'en est pas moins salutaire.
Sauvagerie : 13 €.
Nouvelles complètes, tome 1 (1956-1962) : 29 €.

Autre bonne nouvelle, la sortie du numéro 5 de Nazi Knife, toujours aussi beau, toujours aussi crétin et méchant. C'est stupide comme un dessin punk, ça peut faire aussi mal aux yeux que la musique noise aux oreilles mais, attention : on est susceptible de jouir précocement tellement c'est à côté de la plaque et totalement dégénéré. Bref, les nazis auraient détesté mais Grand-Guignol en raffole.
Il existe un numéro fantôme de cette dernière livraison, le numéro 55. Malheureusement, aussitôt sorti, aussitôt épuisé. Qu'on se rassure, il reste plein d'exemplaires du numéro 5. 15 €.
Plein d'images sublimes tirées de NK#5 ici :
http://nkzine.free.fr/NK05.html

Le label Tanz Procesz, dont nous sommes de gros fans, n'en finit pas de pervertir la France, à base de musique bien déglinguée. Si vous suivez le label, passez à la librairie pour voir et écouter leurs dernières productions (comme d'habitude, tous les supports sont bons pour combler nos oreilles déviantes : K7, CD-R, vinyle, DVD. Et, comme d'hab, les tirages sont minuscules).
A ne pas rater, en janvier sur Tanz Procesz, une sortie CD (vrai pressage) d'archives de Ghédalia Tazartès. On a entendu parler d'autres trucs prévus méchamment excitants, mais il est trop tôt pour les évoquer ici.
http://tanzprocesz.free.fr/

Les éditions Finitude nous gâtent en rééditant, trente ans après, le Jérôme de Jean-Pierre Martinet. Voici un livre désespéré, qui s'inscrit dans cette veine littéraire française ultra sombre que nous aimons tant (pensez à Céline, Maurice Raphaël, etc.). A lire de toute urgence ! Et à relire, encore, toujours, frénétiquement...
La quatrième de couverture : "Entre détracteurs enragés et admirateurs fascinés, Jérôme est de ces romans qui interdisent la modération.
L'histoire est pourtant simple : obsédé par Polly, la jeune fille qu'il croit aimer, Jérôme Bauche se lance dans une quête hallucinée à travers une ville étrange, un peu Paris un peu Saint-Pétersbourg. Tel Dante, il s'enfonce irrémédiablement vers l'enfer, et nous y entraîne avec lui. De gré ou de force.
Depuis des années, Jérôme était devenu introuvable et on ne parlait plus qu'à voix basse de ce livre monstre, de ce livre dans lequel Martinet rend hommage à ses maîtres, Dostoïevski, Joyce, Gombrowicz ou Céline, de ce livre qui résonne comme un terrifiant éclat de rire.
Aujourd'hui Jérôme est de retour. On va enfin pouvoir le lire, connaître le délicieux frisson du pire. Et choisir son camp".
Jérôme : 24 €.

Ca y est, les éditions Bazaar nous ont gratifiés de la réédition du livre de référence de Jean-François Giré, Il était une fois... le western européen.
Comment en parler sans paraitre trop élogieux ? C'est absolument impossible, alors sachez qu'il s'agit d'un livre magnifique, somptueux, magistral, indispensable. Chaque page sent la poudre et la sueur. Ce livre est peut-être encore plus beau que les Glittering Images (parutions italiennes sur le sujet).
Si vous aimez le western européen, ne laissez pas passer cette merveille.
c'est cher, mais totalement justifié.
Il était une fois... le western européen, 75 €.